Ongaku

Solo pour les espaces extérieurs – projet de création 2021

Note d’intention

Ongaku – musique, en japonais. Le japonais est une langue que je ne comprends pas, mais dont les sonorités et les accents ont accompagné ma vie, avec toi, pendant plus de 17 ans. 17 ans d’amitié et cependant à travers cette langue inconnue résonne tout les mystères que tu n’as jamais partagés avec moi – tes secrets qui se déplient, se déploient comme des origami. Cet art des petites boîtes, des petites poches, des tissus ne servant à rien et à tout, que tu m’as offerts pendant des années. Ton sac, ton sourire comme autant d’origamis.

Ongaku sonne comme une formule magique. Pour ne pas regarder en arrière. Pour que l’action de se tourner vers le passé auquel tu appartiens désormais, soit une action de vie. Revenir. Retourner. Se retourner. Se retourner avant de naître. Se retourner sur son passé. Se retourner face à une porte fermée, chanter derrière la porte. Retourner sur ses pas. Revenir en arrière. Recommencer. Reprendre. Revenir vers toi. Te re-garder. Reconnaître. Rentrer chez soi. Ne pas avoir de chez soi. Etre étranger. Avoir fait un long voyage. Recommencer.

Etre êtranger face à une langue, être étranger comme Ulysse lors de son retour à Ithaque, être étranger dans un lieu : la danse sera comme une partition d‘émerveillement devant ces actions fondatrices que sont le retournement et l’appréhension de la mélodie et du rythme.

 

Relation au monde

Ongaku est un projet chorégraphique solo d’abord pensé pour être créé et joué en extérieur. Il s’agit d’un projet où la question du vivant est traitée du point de vue de l’être en relation avec d’autres êtres. Dans cette recherche, le corps dansant écrit une relation au monde où les perceptions sont aiguisées et où les éléments extérieurs – public mais aussi vent, soleil, herbe, sable, rochers, oiseaux, fourmis, pluie, mer ou montagne… sont pris en compte au même titre que des partenaires, sans hiérachisation entre l’humain et le non-humain. La danse active la perception de ce qui nous entoure, et ce qui nous entoure nourrit la danse.

Les premières étapes de recherche,  puis la création et sa diffusion placeront la danse au milieu des enfants et en les invitant à se mettre en mouvement, afin de creuser deux actes fondamentaux de l’être humain, ancrés au plus profond de nous dès la vie intra-utérine : l’action de se retourner, et le rapport à la musicalité. L’action de se retourner sera explorée dans le rapport à la gravité, à la temporalité et au jeu ; le rapport à la musicalité distinguera le rapport à la mélodie et le rapport aux sons percussifs. Les temps de résidence mêleront des temps d’expérimentation partagée avec les enfants, et des temps de danse où ces derniers seront sollicités comme public, dans le souci de ne pas distinguer ces temporalités mais de les mêler et d’observer quand et à quelles occasions l’enfant change sa posture par rapport à la danse. Ces observations seront constitutives de l’écriture chorégraphique du solo.

 Partenaires :

Le projet de recherche et d’écriture Ongaku s’élabore en lien avec des structures d’accueil de la petite enfance :

accueil-studio : 193 Soleil (avril 2020).

production en cours, création envisagée en juin 2021.

 

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