La Peau

Ce film est conçu à partir du spectacle L’Autoportrait de 1917 d’Egon Schiele, conçu et interprété par Christian Bourigault. Ce solo, fondateur de la compagnie L’alambic, est inspiré par les poses déstructurées du peintre expressionniste viennois.


Ce qui m’intéresse, en tant que danseur, dans la peinture expressionniste de Schiele, c’est tout son travail sur le trait, les lignes du corps, le rythme des mouvements, l’espace disproportionné, la matière des corps etc. Tous ces éléments suggèrent une grande expressivité sans le pathos qui a pu caractériser certains autres peintres expressionnistes. Cette observation picturale va dans le sens de mon questionnement actuel en tant que danseur et chorégraphe : comment à partir d’un travail sur l’écriture du mouvement (la ligne, la matière, le rythme, l’espace…) suggérer une expressivité sans tomber dans une théâtralité, au sens narratif et démonstratif du terme ? 
Mon intérêt pour Vienne début du siècle est plus de l’ordre d’une curiosité historique, à savoir une comparaison d’époques : début de siècle et fin de siècle, et ceci à travers deux prismes principaux : le traitement des images du corps et le statut de l’artiste dans une société.
Christian Bourigault

Le court-métrage réalisé par Gilles Moisset multiplie les effets de miroir, jusqu’à fondre le danseur et son double, ce qui éloigne la danse de son caractère introspectif.


« Le danseur tourne, fait rouler une épaule vers l’avant, son buste est entraîné, une jambe pointe vers l’arrière. Il enroule un bras autour de sa taille, dans son dos et passe d’une jambe sur l’autre. Il tourne en ramenant les bras devant, l’un par-dessus l’autre. Il porte une main à sa taille, l’autre empoigne le coude pointé sur le côté et y exerce des pressions qui font pivoter son buste en torsion. Il replie les bras derrière sa nuque, les allonge en fuseau sur le côté et y introduit sa tête. Il se redresse, enroule un bras derrière sa nuque et s’attrape le menton. Son regard se pose sur le miroir. Il rejoint son reflet qui se colle à lui, joue contre joue. Ils s’unissent pour ne plus former qu’un seul. L’homme pose sa main dans son autre main et remonte le long de son bras.»
Audiodescription de Séverine Skierski.


Retrouvez l’audiodescription en intégralité de La Peau sur le site numeridanse.tv ou en fichier son sur la chaîne YouTube “Acajou-Les Ressources”.

Pour en savoir plus, consultez également le site du Collectif 12 qui comporte un portfolio de la Compagnie de l’Alambic.

Crédits photo :
Gilles Moisset
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