L’association Fragile / Christian Rizzo

“Voir la pièce à plus de 95 %…”

La chorégraphie de Christian Rizzo présentée en 2012 à l’Opéra de Lille a bénéficié de l’audiodescription en direct de Valérie Castan, danseuse et audiodescriptrice. Par ailleurs, les spectateurs déficients visuels du Bénéfice du doute ont pu assister en amont du spectacle à un atelier de danse pour qu’ils puissent ressentir par le corps l’univers chorégraphique de la pièce, profiter d’une visite tactile du plateau, obtenir des programmes en gros caractères et rencontrer l’équipe artistique à l’issue de la représentation.

Vous trouverez ci-dessous leurs impressions et ressentis.

J’ai l’impression d’avoir tout compris et « tout vu » grâce à l’audiodescription, car n’ayant pas trop de culture danse contemporaine, je suis persuadée que j’ai mieux apprécié que si j’avais vu ce spectacle lorsque je n’avais pas de problème visuel. L’audiodescription nous a bien fait comprendre la notion d’espace, le décor très succinct, et l’importance des lumières et des variations de cette lumière.
La voix de la descriptrice, le texte bien concis m’ont plu. Mon impression générale est celle d’un grand bonheur, et une très grande envie d’assister rapidement à un autre spectacle de ce genre, alors que j’étais au début plutôt sceptique et ne pensais pas apprécier à ce point-là. Surtout, même si je n’ai pas perçu de message, j’ai ressenti un bien-être pendant toute la danse, et tout cela grâce à l’audiodescription, très bien faite. Je crois que c’est aussi parce que dès le début, Valérie nous a bien décrit la scène (les différents matériaux du sol, j’ai bien compris qu’il n’y a pas beaucoup de décor mais que le notion d’espace est importante ; les danseurs en nous donnant leurs noms, en décrivant en détails leur physique, leurs traits de caractère en quelques sortes).

Colette

J’étais un peu déroutée par l’entrée des acteurs qui retiraient leur vêtement pour habiller leur mannequin chacun leur tour. Scène un peu longue pour moi car je cherchais une explication !! À tort !
Quand je n’ai plus cherché à comprendre, je me suis représenté un spectacle vivant en mouvement. J’ai imaginé des sculptures en animation (perception des têtes et des pieds nus par le jeu des spots), personnages assis, couchés, dos à dos essayant de se relever, se portant, s’enlaçant, se roulant au rythme de la musique. J’entrais dans leur danse en quelque sorte, c’était très agréable.
Marie-Jeanne

En vrac c’est difficile, j’avais quand même l’appréhension de devoir me concentrer pendant un peu plus d’une heure sur la description, mais cette heure je ne l’ai pas vue passer, et c’est les larmes aux yeux que j’ai pu applaudir.
Ce qui m’a plu c’est de pouvoir réellement voir la pièce à plus de 95 %, et ce sans beaucoup de fatigue. Il est indispensable, vu la qualité de ce travail de continuer.

Jean-Louis

Désolée, j’ai tout livré en vrac vendredi soir, là, ça ne va plus être du vrac ! J’ai perçu le mouvement, les gestes des danseurs, l’émotion ou les interrogations sur le sens de la pièce. Ma compréhension du mouvement n’était peut-être pas précise ou conforme à la réalité mais je me suis imaginée.
Je suis sortie de là emballée, enthousiaste. J’ai eu aussi des moments de perplexité, je me demandais où ça allait mais j’ai vu lors de la rencontre de Christian Rizzo après le spectacle que je n’étais pas la seule

Nadia

Crédits photo :
Frédéric Iovino
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